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Le 14 décembre 1960, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait la Résolution 1514 qui énonce la nécessité de mettre fin à l’époque coloniale, en particulier sur les deux continents, africain et asiatique. 52 ans après, une question s’impose. Où en est l’ application de cette résolution qui consacre le droit des peuples à disposer d’eux -mêmes et que l’on qualifie de « Charte de décolonisation ». Le forum géostratégique d’El Moudjahid est revenu, hier,  en présence de l’ambassadeur de la RASD et de militants sahraouis venus des territoires occupés, sur un constat amer. Des peuples parmi lesquels le peuple sahraoui, attendent toujours de pouvoir exercer leur droit à l’autodétermination.

 

Alger abrite ce samedi, à l’initiative du CNASPS et l’ambassade de la RASD une conférence internationale sur le « Droit des peuples  à la résistance, le cas du peuple sahraoui. » Le président du Comité National Algérien de Solidarité avec le Peuple Sahraoui (CNASPS), Mahrez Lamari, a expliqué que cette rencontre, qui verra la participation de 60 pays, est une occasion pour revenir sur la résolution onusienne et rappeler la position de l’Algérie qui soutient le peuple sahraoui dans sa lutte pour sa souverainté et dire aussi que le Sahara occidental est la dernière colonie de l’Afrique et que la Résolution 1514 est toujours d’actualité  et doit permettre aux peuples d’exercer la plénitude de leurs droits politiques, économiques, sociaux et culturels. Le président du CNASPS est également revenu sur la position de la France qui n’a pas abondonné ses pensées colonialistes et continue d’encourager le Maroc dans son obstination à vouloir faire du Sahara occidental un territoire marocain.  Prenant la parole, l’ambassadeur de la République Arabe Sahraoui Démocratique (RASD), M. Brahim Ghali a salué l’Algérie qui a adopté une position constante  en  soutenant  la cause sahraouie. C’est l’Algérie, qui a acueilli les Sahraouis qui fuyaient le napalm, et s’est montrée solidaire avec notre peuple, dira-t-il. Le diplomate ajoutera que l’Algérie reste un exemple de lutte contre le colonialisme, et que ce sont les manifestations du 11-Décembre 1960, menées à bout de bras par tout un peuple, qui ont grandement infuléncé l’adoption de la Résolution 1514. L’universitaire et ancien sénateur, Souilah Boudjemaa, a fait une lecture juridique de la résolution onusienne.
Il est longuement revenu sur la conjoncture de la rédaction de ce texte introduit sur l’agenda de l’Assemblée onusienne au mois d’octobre 1960. Revenant 52 ans en arrière, il a expliqué comment une majorité anticolonialiste a réussi à imposer son point de vue et réussi l’exploit de déshabiller juridiquement tout déguisement de colonisation. Cette nouvelle vision était partagée par un grand nombre de pays dont le Maroc. Il rapelera que jusqu'à l'adoption de la Résolution 1514 en 1960, il n'existait pas en droit international positif une obligation juridique imposant aux puissances coloniales de décoloniser les peuples et les territoires coloniaux. Ces puissances pouvaient faire valoir l'incapacité des territoires coloniaux à s'administrer eux-mêmes ou la faible instruction des populations de ces territoires pour maintenir le statu-quo et les liens de subordination. Il a également rappelé la position de l’URSS en faveur des peuples colonisés et des USA, qui ont compris qu’il s’agissait de libération et d’indépendance et non d’une idéologie.    
En tant que juriste, qui a préparé des thèses sur la décolonisation et le droit des peuples à l’autodétermination, trouve scandaleux qu’au 21e siècle, il existe encore des peuples qui vivent sous le joug colonial et que leur seul tort est d’être nés sur une terre riche en ressources devenue objet de convoitise.
Nora Chergui

 


 

Ils ont dit

 

M. Brahim Ghali, ambassadeur de la République sahraouie en Algérie
« Nous continuerons le combat pour l’indépendance »

« La rencontre des deux peuples sahraoui et algérien au siège d’El Moudjahid n’a rien de surprenant. Pas de surprise, également, de voir notre peuple moudjahid soutenu par un peuple moudjahid. Ce sont là des évidences », a souligné, hier, M. Brahim Ghali, ambassadeur de la République sahraouie en Algérie, au forum stratégique d’El Moudjahid.
L’ambassadeur de la RASD a tenu à rappeler, par ailleurs, que le peuple sahraoui a toujours trouvé en le peuple algérien moudjahid, un soutien indéfectible. Le peuple algérien, tient-il à signaler, a accueilli et accueille toujours le peuple sahraoui qui a fui — à la fin de l’année 1975 et à l’aube de 1976 —  l’enfer du napalm  et du phosphore.
« Au nom du peuple sahraoui, où qu’il soit, au nom de la résistance dans les territoires occupés, au nom de tous les combattants de l’armée de libération populaire, au nom des femmes et des enfants dans les camps de réfugiés et à l’émigration, j’adresse mes remerciements pour cette position  constante, pour ce soutien continu et pour cette aide dont bénéficie le peuple sahraoui depuis le début de son combat », a déclaré l’ambassadeur.
« Aujourd’hui, 50 ans après l’adoption de la Résolution 15/14,  64 ans après l’adoption de la Déclaration des droits de l’homme et 52 ans après les manifestations du 11-Décembre 1960 lors desquelles le peuple algérien a crié haut et fort sa soif d’indépendance, le peuple sahraoui n’a toujours pas bénéficié de son droit à l’autodétermination. Cela étant, le peuple sahraoui est déterminé à poursuite sa lutte pour arracher son indépendance et édifier la RASD tout au long de ses frontières », a ajouté l’ambassadeur de la RASD.
 
Omar Boulsan, responsable des territoires occupés, au ministère des territoires occupés (RASD)
« La situation actuelle est explosive dans les territoires  occupés »

« La délégation ici présente est composée de 15 militantes et militants représentant la résistance à l’occupation du Maroc. Ces militants viennent du sud du Maroc et des territoires sahraouis occupés. Sont également parmi nous des parents et alliés des prisonniers de Gdeim izik et des 15 otages ainsi que des ex-prisonniers politiques, de grands journalistes et des diplômés auxquels l’on a interdit l’accès aux études pour l’obtention du diplôme du 3e cycle (Master). En fait, notre visite intervient au moment où l’Intifada monte d’un cran et nous lutterons contre la colonisation jusqu’à l’indépendance. Nous sommes aujourd’hui présentsà cette rencontre qui se tient le 14 décembre, une date symbolique, celle de la proclamation par les Nations unis du droit des peuples à leur autodétermination, leur reconnaissant ainsi le droit de disposer d’eux-mêmes. Comme tout le monde le sait, aujourd’hui, tous les peuples d’Afrique sont à présent indépendants, sauf le peuple sahraoui qui continue à subir les affres du colonialisme. Il est à souligner, dans ce contexte, que la situation actuelle est explosive, au niveau des territoires occupés, conséquence de la violence des forces d’occupation avec leur arsenal oppressif. »

M. Abdati El Mahdoub Ramdane, ex- prisonnier politique, activiste des droits de l’homme aux territoires  occupés sahraouis
« J’ai été empêché de poursuivre mes études »

«Les Sahraouis qui vivent sous la brutalité des forces coloniales font de leur mieux pour défendre leur cause, par différents moyens de lutte. Il faut dire, dans ce contexte, que la région subit de grandes violations.
Personnellement, j’étais encore mineur lorsque j’ai été emprisonné en 1992 avec un groupe de mineurs. Et parce que je tiens à exercer mon droit de militer pacifiquement, j’ai été privé de poursuivre mes études. »

M. Badi Abdrabbou, journaliste sahraoui
« L’Algérie a toujours été à  nos côtés »

« Je suis journaliste à la télévision saharouie et j’exerce dans les territoires occupés, plus particulièrement dans la ville occupée de Layoun. En fait, je fais partie de la délégation de 15 résistants sahraouis qui sont venus en Algérie pour prendre part à cette rencontre significative qui s’inscrit dans le cadre de la Résolution 14/15 appelant à l’auto-détermination des peuples. Je considère cette rencontre comme un des soutiens fondamentaux au peuple vivant dans les territoires occupés. Tout le monde reconnaît à l’Algérie, terre de Chouhada, son soutien indéfectible aux questions palestinienne et sahraouie.
L’Algérie, à travers l’histoire, a toujours été aux côtés des révolutionnaires. L’Algérie est la Mecque des révolutionnaires et nous, en tant que militants pacifiques, hôtes de l’Algérie, le confirmons aujourd’hui et nous allons transmettre en toute fidélité à nos frères des territoires occupés sahraouis que l’Algérie est toujours un allié stratégique et un allié pour notre peuple. »
Soraya G.

 


 

Le président sahraoui, M. Mohamed Abdelaziz
« L’autodétermination est l’unique  alternative pour la paix »

 

Le président sahraoui, M. Mohamed Abdelaziz, a souligné, jeudi dernier lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale, l’importance du processus des négociations entre le Front Polisario et le gouvernement du Maroc pour arriver à une solution qui garantisse le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination". Intervenant dans l’émission  Likaa El Yaoum de la Chaîne I, M. Mohamed Abdelaziz, a insisté sur le fait que le problème du Sahara occidental est un problème de décolonisation et que sa solution réside dans le respect du droit des Sahraouis à l’autodétermination".
Le président sahraoui, qui a dressé un état des lieux sur la gravité et la sensibilité de la situation dans la région et ce, en raison de l'intransigeance du gouvernement marocain et ses violations flagrantes des droits de l'homme commises contre les civils sahraouis, a saisi cette occasion pour discuter des derniers développements dans le dossier du Sahara occidental. Dans ce contexte, il a évoqué les dernières tournées et missions internationales effectuées dans les territoires sahraouies libérés et occupés. Citant à titre d’information, le passage de l’émissaire de l’ONU Christopher Ross, le président Abdelaziz a indiqué que ces missions qui visent entre autres, à examiner l'origine du blocage de la situation et de déterminer les moyens de changer le cours des choses pour la relance du processus des négociations et de paix sur le Sahara occidental. Le président Abdelaziz a condamné l'entêtement du Maroc dont la politique "bloque toute avancée dans le processus d'organisation d'un référendum libre et démocratique au Sahara occidental", estimant que "cette politique n'empêchera  pas l'accès du Sahara occidental aux Nations unies".
Il a par ailleurs, exprimé sa profonde satisfaction quant à la décision du Parlement suédois pour la reconnaissance officielle de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Selon, ses termes, que cette décision historique de l'institution démocratique qui représente les citoyens suédois, à l’instar de plusieurs autres citoyens du monde, reflète que "la communauté internationale ne peut plus supporter l'intransigeance de l’occupant marocain et son rejet de la légitimité internationale à travers son occupation illégale d'une importante partie du territoire de la République sahraouie. Il a, en outre, évoqué l'impact des élections en France et en Amérique sur l'évolution de la question sahraouie. «  Ces dernières élections sont venus contre les prévisions du gouvernement marocain et pourront soutenir les efforts internationaux visant à permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'auto-détermination », a-t-il précisé.  
Le président sahraoui a également évoqué le dossier des prisonniers et des 500 disparus dont le sort reste inconnu jusqu’à aujourd’hui.
Kamélia H.

 


 

Conference internationale sur le droit des peuples à la résistance
  Les travaux débutent aujourd’hui


La question sahraouie a été l’un des points principaux, longtemps débattus lors d’une rencontre, tenue, jeudi, au siège de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), à Alger, en présence de différents  représentants des droits de l’homme des deux pays.
S’exprimant  en marge de cette rencontre, le président de la CNCPPDH, Me Farouk Ksentini a souligné que « cette  rencontre qui aura lieu prochainement sur la femme sahraouie confirme les préoccupations de notre pays pour aider et soutenir la femme sahraouie dans son combat. »  Il ajoutera dans ce sens que « la rencontre d’aujourd’hui a pour objectif  de soutenir la femme sahraouie qui connaît actuellement des moments très difficiles. » Il a rappelé dans ce contexte que « le combat de ces femmes a commencé depuis des  décennies. »
 Selon lui, ce peuple, tout entier, « a subi  une injustice flagrante  extrêmement contraignante. » Avant d’ajouter que « ce que nous avons remarqué c’est que malgré les vicissitudes de la vie, la femme sahraouie est déterminée et est confiante quant à la justesse de son combat et à en payer le prix, aussi cher soit-il ». Estimant, avec optimisme, que « ce peuple retrouvera prochainement son indépendance », Me Farouk Ksentini a  précisé que la rencontre de jeudi a constitué une opportunité pour faire le bilan du vécu et les étapes qui ont été franchies durant les trois dernières décennies.
 Le responsable de la CNCPPDH n’a pas manqué de souligner son admiration quant à l’abnégation de ce peuple « nous sommes impressionnés par la détermination des Sahraoui », qualifiant cette détermination « de très importante », parce que  « ce combat mènera en fin de compte à la victoire », a-t-il ajouté. De son côté l’ambassadeur de la République sahraouie en Algérie, Brahim Ghali, a souligné que la lutte des Algériens lors de la guerre de libération contre le colonialisme français  « constitue une source d’inspiration pour le peuple sahraoui qui lutte toujours pour son autodétermination et qui aspire à la liberté et à l’affranchissement. » Notre interlocuteur a souligné par ailleurs, que la résistance du peuple Algérien contre la plus grande puissance coloniale de l’époque est un signe encourageant pour les peuples qui demandent aujourd’hui leur indépendance. Selon lui « les Algériens ont prouvé au monde entier la faiblesse du colonisateur devant la force et la volonté des peuples. » Allant plus loin dans ses déclarations, le diplomate a observé que le moment de rendre justice au Sahraouis qui souffrent beaucoup « est arrivé », tout en estimant que  « le peuple sahraoui croit toujours en la victoire afin de pouvoir jouir un jour de son droit à l’édification d’un Etat démocratique. » Mettant à profit cette rencontre, M. Ghali a appelé la communauté internationale « à déployer les efforts nécessaires en vue de  mettre fin aux violations des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés. »   S’agissant de la conférence  internationale sur le droit des peuples à la résistance, notre interlocuteur a souligné que celle-ci sera une occasion pour le peuple sahraoui d’exprimer son droit d’existence et d’indépendance comme tous les peuples.  « Cette rencontre sera une occasion pour l’élargissement du mouvement de solidarité à travers le monde entier. Parce qu’il y aura la présence de plusieurs personnalités venant des quatre coins du monde », a-t-il dit avant d’ajouter : « Cette rencontre sera également un tremplin  pour transmettre notre message au monde, parce que pour ce qui nous concerne, nous poursuivrons notre combat jusqu’à l’indépendance. »  
Makhlouf  Ait Ziane